Dans dix ans, dans vingt ans, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Globalement, nous savons tous que la manière de communiquer est bousculée par la technique, que la nouvelle génération qui vient sera beaucoup plus sollicitée dans sa capacité à communiquer qu’auparavant. À tous moments. Partout. Dominique Wolton nous prévient : “Informer n’est pas communiquer. L’information bute sur le visage de l’autre…”

L’accès à des sources variées et dispersées de savoirs accentue le besoin d’apprendre à faire le tri, et à savoir synthétiser, c’est-à-dire à transmettre, c’est-à-dire à pouvoir communiquer. Si on ne sait pas élaborer une expression et une pensée pour soi, comment saurait-on le faire pour autrui (et vice versa) ?

Cela demande de renforcer le besoin de médiation entre l’information et la pensée, entre son propre langage et son expression pour l’autre. C’est l’oralité. L’échange direct, sans technique superflue, les yeux dans les yeux. Gage de sincérité, vecteur d’émotion, condition de l’intelligence.

C’est en se posant la question de l’altérité, du besoin d’autrui, de la nécessité de son écoute, que l’on peut co-construire une parole compréhensible, en mettant de l’ordre dans sa propre maison. En miroir, cela suppose de s’exercer à être attentif à la parole d’autrui, à sa logique, à sa sensibilité, pour se laisser contaminer par une autre façon de faire.

Vous le savez, nous devrions enseigner, bien plus, bien mieux, l’expression orale. La question est simple : est-ce que nos lycéennes et nos lycéens sont capables en confiance de parler en public sans appréhension excessive et avec de vrais aptitudes de formulation, de structuration, de gestion du temps, avec des moyens propres à l’oralité ? Comment les situations de stress sont-elles abordées par les jeunes ? Je vous propose de combler d’éventuelles lacunes dans cette mission d’enseignement par des ateliers destinés à vos lycéens.

En donnant la parole à chacun.e au cours d’exercices adaptés, en créant un espace et un temps propices à l’Expression, corps et voix, que voit-on apparaître ? On voit nettement s’affirmer des personnalités différentes, toutes riches.

Il y a un pari : celui de la cohérence d’un enseignement pragmatique où se crée une intelligence collective, où chacun.e accepte de prendre un risque dans l’espace que je propose.

Il y a un pari : celui de la confiance donnée, offerte, échangée, au sein d’un groupe où naissent concentration inédite, attention à soi et à l’autre, prises de conscience salutaires…

Par expérience d’enseignant, j’ai pu constater combien ce travail en commun permet de générer pour la vie des possibilités en chacun, en chacune. L’entraide est évidente. C’est une joie.

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